jeudi 18 octobre 2018

Flagoj por la planedoj

Multaj homoj ŝatas krei flagojn, kaj iuj el tiuj estas tre bele inspiritaj. Jen por nia komuna plezuro aro da samstilaj flagoj pro ĉiu planedo de nia sunsistemo. Ili tamen ne konvenas al kolorblinduloj.

Merkuro

Venuso
Tero

Marso

Jupitero

Saturno

Urano

Neptuno

Fonto

mercredi 26 septembre 2018

Comment élire son gouvernement?

J'aurais bien aimé trouvé l'image d'une urne québécoise,
mais elles semblent toutes soumises à des droits d'auteur...
Les élections québécoises auront lieu lundi prochain, et j'ai même déjà voté, même si tant Qc125 que Too close to call m'affirment que, dans ma circonscription, mon vote ne sert finalement à rien, puisque les jeux sont faits depuis longtemps. Les votes ethniques, vous vous souvenez? Alors, avec 28% d'anglophones...

Comme trois des quatre partis présents à l'Assemblée nationale lors de sa dissolution ont promis d'introduire un système de vote proportionnel compensatoire, avec 75 députés élus comme actuellement au vote uninominal à un tour et 50 députés de liste élus pour établir la représentation proportionnelle,  je crois qu'il est temps de discuter des modes de scrutin.

J'ai déjà (ici et ) émis de fortes objections sur la représentation proportionnelle, système dans lequel le pouvoir repose encore davantage dans les mains des exécutifs des partis que maintenant. En fait, si on pousse la logique de ce système jusqu'au bout, on n'aurait même plus à avoir de députés: il suffirait de donner à chaque parti un poids égal au nombre de voix qu'il a reçues (ce qui règlerait en plus les problèmes mathématiques posés par ce genre d'élections), un peu comme lors d'une assemblée générale d'actionnaires, et régler le tout entre quelques personnes.

Alors, par quoi remplacer notre système? Et pourquoi ne pas essayer quelque chose de nouveau

Vote par approbation

Ne nous le cachons pas, nous votons avant tout pour un parti et un gouvernement. Bien des gens ne comprennent d'ailleurs pas que c'est l'Assemblée nationale et non le peuple qui élit le gouvernement. Par ailleurs, un système comme celui des États-Unis, dans lequel le chef d'État et aussi le chef d'un gouvernement dont les ministres, appelés secrétaires, doivent être entérinés par le sénat, présente aussi des problèmes. Alors, pourquoi ne pas voter pour une équipe de gouvernement? Et pourquoi ne pas utiliser le vote par approbation? Dans ce système, on peut voter pour autant de personnes — ou ici, d'équipes — que l'on veut. Il s'agit d'indiquer tous les choix qui nous satisferaient, et celui qui reçoit l'approbation du plus grand nombre d'électeurs serait élu.

Ce mode de scrutin aurait plusieurs avantages. Le gouvernement aurait nécessairement l'approbation d'un très grand nombre d'électeurs; il serait relativement centriste, quel que soit le centre dans une société donné à un moment donné; il diminuerait donc le poids des groupes extrémistes, qui ont souvent, dans un système proportionnel, une importance démesurée; et le scrutin n'amènerait pas un clivage social, comme on voit aux États-Unis, par exemple. De plus, en présentant des équipes, on pourrait connaitre d'avance qui serait ministre des Finances, de l'Éducation, de la Défense ou de la Santé, et on pourrait organiser des débats thématiques entre ces candidats. Actuellement, on peut bien supputer qui serait ministre dans le gouvernement de tel ou tel parti, mais cela reste au choix du premier ministre et encore faut-il que la personne pressentie soit élue dans son comté!

Évidemment, il faudrait prévoir ce qui se passerait si un ministre démissionnait ou mourait, mais ce sont des choses qui se règlent. On peut d'ailleurs imaginer qu'après trop de changements, un gouvernement devrait déclencher de nouvelles élections, ou laisser l'appréciation de la situation à l'assemblée.

Et l'assemblée?

Évidemment, il faut aussi une assemblée. Il faut adopter des lois, voter des budgets, interroger les ministres. On pourrait toujours en revenir au scrutin proportionnel (et pourquoi ne pas donner à chaque électeurs plusieurs droits de vote?), ou encore se reposer là aussi sur le vote par approbation (mais à moins d'élire, comme aujourd'hui, une personne par circonscription, ce système nécessite alors des calculs très compliqués, qui risquent de semer le doute dans l'esprit des gens), mais je crois que deux instances revendiquant toutes les deux la même légitimité démocratique ne feront que se disputer.

C'est pourquoi je propose la stochocratie, aussi appelée lotocratie. Il s'agit ni plus ni moins de tirer au sort les membres de l'assemblée. Comme pour un jury. On aurait enfin une assemblée vraiment représentative de la population, et non plus dominée par des avocats (et aujourd'hui des médecins, semble-t-il).

En fait, ma première idée était celle de cette assemblée tirée au sort, qui pourrait ensuite choisir un gouvernement, comme on le fait actuellement, mais sans exiger que les ministres soient d'abord députés. Mais cela enlèverait tout pouvoir politique à plus de 99,99% de la population, c'est-à-dire à tous ceux qui ne seraient pas choisis, et l'absence du droit de choisir son gouvernement pourrait bien avoir de funestes conséquences.

Évidemment, le tirage au sort des membres de l'assemblée présente de nombreux problèmes, en premier lieu le risque que les députés ne soient facilement embobinés par de beaux parleurs. Mais je crois qu'il faire confiance aux gens. La plupart du temps, du moins.

Mais le principal avantage est que cette assemblée prendrait finalement des décisions très proches que celles que prendraient l'ensemble de la population s'il pouvait longuement s'informer, discuter et échanger sur les questions de politique.

Les membres de l'assemblée pourraient bien inviter dans leurs discussions des représentants de divers groupes politiques, qui pourraient avoir ou non le droit de vote. Ils pourraient aussi inviter des représentants de divers groupes d'intérêt à présenter leurs points de vue, un peu comme cela se passe actuellement en commission parlementaire. Et on peut imaginer que les députés auraient une formation, du moins dans les premiers mois de leur mandat, voire avant de l'entreprendre, pour les aider à s'y retrouver.

Une chose est sûre: on mettrait fin à l'inceste que représentent trop souvent les travaux parlementaires dominés par le parti au gouvernement...

Finalement, une des tâches de l'assemblée serait aussi d'élire le président ou la présidente du Québec, dans le cas où il s'agirait d'une république du Québec

Comme je l'ai mentionné, je crois qu'il faut éviter que deux instances soient choisies par le même corps électoral. Et je crois aussi qu'il faut partager les fonctions de chef de gouvernement et de chef  d'État, même si celles de ce dernier sont le plus souvent surtout protocolaires. C'est le que le rôle d'un président ou d'une présidente peut devenir important en cas de crise: ce serait à cette personne de dissoudre le gouvernement ou l'assemblée en cas de blocage ou d'actes anticonstitutionnels, et on pourrait bien imaginer que l'imposition d'un état d'urgence nécessite l'approbation de deux personnes, le président et le premier ministre, plutôt que celle d'un gouvernement dominé par un seul parti et par son chef.

Je sais que ce que j'avance a peu de chances d'être réalisé, mais pourquoi ne pas mettre sur pied, dès maintenant, des simulations de vote par approbation, comme cela s'est déjà fait en France, et une assemblée de gens tirés au sort, pour voir les opinions que ces personnes pourraient mettre de l'avant?

lundi 3 septembre 2018

L'éducation gratuite, une fausse bonne idée?

Au cours de cette campagne électorale, au moins deux partis politiques — Québec solidaire et le Parti vert du Québec / Green Party of Quebec — proposent la gratuité de l'éducation. Dans l'absolu, je suis pour cette mesure, bien qu'elle impose sans doute de mettre en place de nouveaux mécanismes pour réguler l'admission à l'université. Mais dans le cadre du régime fédéral actuel, d'autant plus que ce régime n'est pas remis en cause par le PVQ/GPQ, je dois émettre des doutes importants. D'ailleurs, même QS ne dit pas clairement si l'indépendance du Québec serait un préalable à la mise en place de cette proposition.

C'est que les frais de scolarité — et les frais de garderie, d'ailleurs — sont déductibles de l'impôt fédéral. Moins les Québécois paieront de frais, plus ils paieront d'impôts à Ottawa, impôts dont au moins 75% seront dépensés dans les autres provinces. Le fait que les Québécois paieraient ces frais via leur impôt national — ou provincial, si vous y tenez — n'aurait aucune incidence sur l'impôt fédéral à payer: seuls les frais de scolarité directement payés pour soi ou ou ses enfants sont déductibles.

Pour 1000$ de frais en moins, on paiera donc environ 125$ d'impôt de plus, pour une perte sèche d'environ 100$ pour le Québec, population et gouvernement confondus.

De plus, voyez-vous, tout porte à croire que le Québec subventionne déjà fiscalement le reste du Canada (pour les détails, je vous recommande de lire Un gouvernement de trop, par Stéphane Gobeil, chez VLB Éditeur). Même si ce n'était pas le cas, ne faudrait-il pas éviter qu'une mesure sociale se solde finalement par une sortie nette d'argent vers les autres provinces? Sommes-nous si riches? Tenons-nous à payer une plus grande part de l'oléoduc acheté par M. Trudeau?

En fait, la solution, d'ici l'indépendance, ne serait-elle une fiscalisation des frais de scolarité, comme c'est déjà le cas pour les frais de garde en milieu non subventionné? Rappelons que, selon son revenu, ces frais sont remboursés jusqu'à 75% lors de l'émission du rapport d'impôt national. Le tout sans que cela affecte la déductibilité au niveau fédéral de la totalité des frais payés.

Les piétons d'abord?





Cette image représente une vue aérienne de la station de métro Rosemont (merci à Google), que l'ai longtemps fréquentée pour aller à mon travail de mon domicile. Comme je partais de cette station en contre-pointe, pour ainsi dire, j'avais assez peu de choix dans mes autobus et je devais souvent utiliser la ligne 25 Angus. On voit en noir le chemin que je devais utiliser pour aller de la station (en fait, j'arrivais par l'autobus 161, qui me laissait sur le boulevard Rosemont, à l'extrême gauche de la photo; je devais donc aussi traverser l'édicule du métro) au point de départ de cette ligne. Il est évident qu'il aurait été beaucoup plus rapide de traverser directement, mais c'est interdit et il y a d'ailleurs une clôture au centre de l'aire gazonnée. Il est aussi interdit de passer par ce qui est au bas de la photo, et des policiers étaient souvent là pour le rappeler.

Le tout, évidemment, au nom de la protection des piétons.

Comme dans beaucoup de cas, je crois qu'on a agi à l'envers. On a d'abord conçu la station pour faciliter le passage des autobus, et seulement ensuite a-t-on pensé à intégrer les piétons dans le portrait. D'où le passage-piétons unique à l'entrée/sortie de la boucle.

Il me semble que la logique, dans une optique de valorisation du transport actif (et ne serait-ce que pour éviter à des usagers de rater leur autobus à cause d'un trop long trajet à parcourir, d'autant plus que bien des usagers des TEC ont des problèmes de locomotion), aurait été de faire traverser les piétons directement devant la sortie de la station, quitte à ajouter un autre arrêt obligatoire au centre de la boucle. Qu'en pensez-vous? 

mercredi 15 août 2018

Les technologies douces peuvent-elles sauver le monde?

J'ai récemment eu l'occasion de voir quelques épisodes de la série télé Nomade des mers, dans laquelle un bateau fait le tour du monde pour la promotion de ce que nos amis français appellent les low-tech: les technologies douces ou de bas niveau, c'est-à-dire le dessalement par énergie solaire (et avec des évaporateurs construits par un potier!), les germinations, etc. À chaque escale, l'équipage partait à la recherche de praticiens du low-tech pour apprendre et échanger, et repartait le plus souvent avec un nouveau gadget.

C'est lors d'une escale en Inde que je me suis posé la question qui fait le titre de cet article — et à laquelle les participants de l'émission répondent bien entendu par l'affirmative. Lors de cet escale, ils ont visité Auroville, ville expérimentale, écolo et spirituelle, fondée en 1968 par la compagne spirituelle dphilosophe indien Sri Aurobindo (et où bien entendu la langue commune est l'anglais...). Remarquons que cette ville est située à seulement 12° de l'équateur, qu'elle est entourée de forêts (seuls 40% de la surface est développée, et ces 40% comprennent des fermes) et que seuls 2300 personnes vivent sur 10 km² (alors que la densité de l'Inde est de 390 hab./km², et celle du monde dans son ensemble, si on tient compte de toutes les terres émergées, y compris les glaciers, les montagnes et les déserts, est d'environ 50 hab./km²,). Ce devrait donc être l'endroit parfait pour l'usage de l'énergie solaire, non?


Le four solaire d'Aurovile
On y a donc construit un immense four solaire, relativement simple, mais ayant nécessité beaucoup de travail (il a fallu ajuster et coller chacun d'un très grand nombre de petits miroirs plans), qui fait chauffer l'eau pour la cuisine collective.

Or, même ça, ça n'est pas suffisant. Selon ce qui a été mentionné dans l'émission, cette cuisine doit aussi utiliser du mazout — évidemment importé, puisqu'Auroville n'a ni puits de pétrole ni raffinerie — pour faire chauffer une partie de l'eau chaude nécessaire en cuisine. Sans compter que cette cuisine n'est pas l'unique source de nourriture des Aurovilliens, et qu'on doit aussi y faire des grillades ou de la friture, sans oublier les besoins en éclairage (près de l'équateur, les journées ne sont jamais très longues).

Alors, on constate que même dans un environnement socialement et géographiquement très propice à l'énergie solaire, et dont les habitants ont un mode de vie extrêmement frugal, on n'arrive pas à se passer de pétrole. On rétorquera qu'avec plus d'investissements, financiers et humains, on arriverait à de meilleurs résultats. C'est vrai, mais les ressources nécessaires sont-elles réellement disponibles? Et avec la population qui continue à croitre, est-il vraiment réaliste de croire que le solaire et l'éolien peuvent tout résoudre? Même l'Allemagne, qui ne manque ni d'argent ni d'ingénieurs, et qui a fait le pari des énergies renouvelables, a dû se résoudre à rouvrir des centrales électriques au charbon pour satisfaire la demande alors qu'elle ferme peu à peu les centrales nucléaires. Alors, que faire? Espérer que la fusion va réellement démarrer?


Image utilisée avec la permissions du titulaire des droits (information).

lundi 6 août 2018

Faut-il réhabiliter les gras saturés?

Depuis quelques décennies, les gras, principalement les gras saturés, sont devenus l'ennemi public numéro un. Il suffit de dire qu'un aliment est riche en gras saturés pour que tout le monde s'entende sur le fait qu'il est nécessairement malsain — bien que souvent délicieux. Or, depuis les années 70, les États-Uniens mangent réellement moins de gras,  moins de gras saturés, et par conséquent plus de glucides. Pourquoi alors sont-ils de plus en plus gros, et pourquoi les maladies cardiovasculaires et le diabète sont-ils de plus en plus présents?

Je viens de terminer la lecture du livre The Big Fat Surprise: Why Butter, Meat and Cheese Belong in a Healthy Diet, de Nina Teicholz. Elle y fait l'historique de tout le débat et de toutes les recherches scientifiques entourant la question des gras alimentaires et de leur lien avec la santé, principalement les maladies cardiovasculaires, avec des conclusions surprenantes.

Le lien entre gras saturé et les crises cardiaques (maladie qu'aucun livre de médecine n'aurait décrit avant la fin du XIXe siècle) a été émis à titre d'hypothèse dans les années 50, suite à une étude comparant une vingtaine de pays. Bizarrement, en plus des doutes concernant la cueillette des données (demander à des gens ce qu'ils ont mangé le mois précédent, surtout quand il s'agit du Carême, donne parfois des résultats discutables), seuls sept pays ont été retenus dans la publication finale, les autres ne permettant pas de confirmer l'hypothèse défendue par le chercheur.

Néanmoins, ce chercheur ayant un sens politique aiguisé, il a pu faire accepter son hypothèse par l'association états-unienne pour les maladies du cœur (American Heart Association), par d'autres associations, puis par le ministère de l'Agriculture des États-Unis (qui est responsable des suggestions pour une alimentation saine), au point où toute demande de fonds de recherche s'écartant du dogme accepté se voyait refuser, et toute publication allant à son encontre se voyait bloquer l'accès aux revues prestigieuses, et ce pendant des décennies.

Et cet état de fait a continué même après que diverses études longitudinales portant sur des échantillons importants eurent échoué à démontrer le lien entre gras saturés et maladies cardiaques, sans que cela ait eu un impact sur la pensée dominante à ce sujet. Évidemment, si se contente de faire du cherry picking, on arrivera à prouver n'importe quoi...

Ce n'est qu'au cours des 10 ou 20 dernières années que des retours sur les données originelles de ces études, dont certaines ont été retrouvées dans des greniers, et des méta-analyses ont finalement commencé à jeter un doute sur la pertinence du bannissement des gras saturés, bien que cela peine à pénétrer la conscience collective.

Était-ce un complot? En fait, tout porte à penser que ce chercheur, M. Ancel Keys, et tous ceux qui ont défendu son hypothèse par la suite, étaient réellement convaincus d'avoir raison et d'œuvrer pour le bien public. Évidemment, ils étaient subventionnés par des sociétés qui y trouvaient un avantage commercial, mais c'était aussi bien souvent le cas pour leurs rivaux, dont des membres de l'Académie des sciences des États-Unis.

Une analyse impartiale des données disponibles amène plutôt à conclure que ce sont les sucres, voire les glucides en général, qui seraient le principal coupable de la détérioration de tant d'indicateurs de santé publique. Les êtres humains mangent en effet de la viande et des produits animaux depuis toujours, les fruits et les légumes occupant une place marginale et souvent saisonnière de l'alimentation, alors que le sucre n'est présent en quantité non-négligeable que depuis quelques siècles, et en quantité importante depuis environ un siècle. En fait, suite à un séjour parmi les Inuit, un anthropologue avait, au début du XXe, passé une année entière à ne manger que de la viande et des abats, sans qu'aucun des indicateurs de santé qu'on pouvait mesurer à l'époque n'eût été mis à mal. On rétorquera que ce n'est qu'un cas anecdotique, mais pas plus que celui de l'auto-cobaye du film Super Size Me...

Pendant ce temps, non seulement le gras est-il remplacé en grande partie par des glucides — il faut bien manger quelque chose — mais on l'a remplacé aussi, pour des questions de gout ou de texture, par des gras végétaux hydrolysés, les célèbre gras trans, dont Crisco* fut le premier porte-étendard, ainsi que par des gras insaturés qui non seulement prendraient la place, dans nos cellules, des gras saturés animaux dont elles sont en grande partie constituées, mais qui, une fois chauffés à des températures élevées, comme pour faire de la friture, se dégraderaient en composés hautement toxiques, comme des aldéhydes et le formaldéhyde.

Et avec toute la nouvelle mouvance vegan, on ne semble pas sortis du bois.

Un résumé du livre en 20 minutes et en anglais est disponible ici.

* Le Crisco, acronyme pour Crystallized Cotton-Seed Oil, était d'abord destiné à la fabrication de savon, jusqu'à ce que quelqu'un s'avisât qu'il semblait comestible. Un de ses grands avantages sur le beurre ou le lard était qu'il pouvait être utilisé sans restriction par les juifs religieux...

dimanche 15 juillet 2018

La STM — et la ville — ont perdu le nord

À Montréal, il suffit de regarder le soleil se lever ou se coucher pour se rendre compte que la géographie de notre ville est tout à fait tordue. En effet, alors que l'on apprend à l'école que le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest, n'importe quel Montréalais sait qu'il se lève au sud et se couche au nord... 

La solution à cette incongruité, c'est qu'entre le vrai nord et le nord montréalais, on trouve un écart entre 45° et 60°... 

À Ville-Émard, où j'habite depuis un peu plus d'un an, c'est encore pire. L'écart est de plus de 90°, ce qui fait que même la ville et la STM se trompent.

Par exemple, le boulevard Monk est une rue est-ouest. Même si en réalité, elle est presque parfaitement nord-sud, il suffit de regarder les adresses pour constater qu'elle est est-ouest. Et à Montréal, ce sont les adresses qui priment. En effet, ce boulevard commence au coin de la rue Saint-Patrick, au 5550, rue Saint-Patrick*. Saint-Patrick Ouest, bien entendu. Et dès qu'on tourne le coin, les adresses continuent à croitre, en commençant à 5600, pour se rendre à environ 7000 en arrivant au boulevard de La Vérendrye.

Si le boulevard Monk était une rue nord-sud, les adresses diminueraient en se rapprochant du fleuve, non?

Par ailleurs, il suffit de regarder où se situe Ville-Émard par rapport au fleuve et au boulevard Saint-Laurent pour se rendre compte que les petites adresses, de l'ordre de 1000 à 2000, sont des adresses nord-sud, alors que les grandes adresses, dans 5000-6000, sont des adresses est-ouest.

La rue Raudot est une rue nord-sud, perpendiculaire au boul. Monk.

Cette sortie mène sur le côté sud du boul. Monk, là où les autobus vont vers l'est (et le centre-ville).



Mais le chaos ne cesse pas là. La rue Allard, qui est une rue nord-sud dans le Sud-Ouest, avec des adresses allant d'environ 1600 à environ 3500, devient soudain une rue est-ouest à LaSalle, avec un saut brusque de 3500 à 7000... On comprend que l'on n'y comprenne rien.


* De nos jours, le boulevard Monk commence plutôt au coin de la rue Notre-Dame, mais le pont au-dessus du canal Lachine ne date que des années 1990.