dimanche 28 juin 2015

Pour des autobus plus rapides

À Montréal, les autobus sont lents. Et pas seulement à cause de la circulation automobile ou d'arrêts mal positionnés (pourquoi deux arrêts à l'avenue du Parc pour la ligne 51?), mais tout d'abord à cause d'un mode de perception archaïque. L'idée voulant que chaque passager paie en entrant (le sytème PAYE: pay as you enter) était sans doute révolutionnaire lorsqu'elle a été émise, en 1905, puisqu'elle remplaçait le système en vigueur originellement dans les trains et transposée aux tramways, c'est-à-dire qu'un percepteur allait de passager en passager, provoquant souvent des querelles quand un passager affirmait avoir déjà donné ses cinq sous, mais, dès la fin du XXe siècle, elle ne servait plus qu'à ralentir le service. D'autant plus qu'avec les nouveaux bus, on doit descendre un à la fois par la porte centrale (abusivement qualifiée de porte arrière), au lieu de deux, comme c'était le cas dans les modèles plus anciens.

Dans la plupart des pays du monde, les passagers ayant un titre de transport valable pour une durée donnée (le plus souvent un titre mensuel, mais les touristes auront souvent des titres valables pour un ou trois jours) n'ont rien à faire en montant dans l'autobus, sinon chercher à s'asseoir. De temps à autre, des inspecteurs montent dans le véhicule et demandent à chacun de montrer son titre, sans qu'il soit besoin d'immobiliser l'autobus, comme je l'ai vécu à Montréal. Les personnes ayant des billets ou payant avec de l'argent, une minorité, doivent simplement obtenir un titre valide ou bien faire composter le billet à un appareil, selon le niveau de technologie.

Autobus budapestois fonctionnant
au gaz, pour de l'air plus propre.
À Budapest, capitale de la Hongrie, c'est comme cela que ça fonctionne. Le chauffeur est dans une cabine et ne communique pas avec les passagers. Les inspecteurs viennent en groupe de deux, de manière à imposer plus facilement leur autorité. Un autobus de taille standard compte trois portes, chacune pouvant permettre le passage de deux personnes à la fois, d'abord en sortant, ensuite en entrant. Six à la fois, et non pas un à la fois, chaque passager devant attendre que la machine daigne lire sa carte OPUS.
La porte arrière (vraiment en arrière, dans ce cas), est conçue de manière à accueillir avec facilité les passagers transportant des paquets importants, comme des valises. Si je me souviens bien, c'est la seule qui ne compte pas une rampe au centre, mais plutôt sur le côté.

À quand ce système de perception, même pas si moderne que cela, à Montréal?


Suite dans ce billet.

La première photo est l'œuvre de Kemenymate et est reproduite sous la licence Creative Commons Paternité - partage à l'identique International 4.0 (CC BY-SA 4.0); la seconde est l'œuvre de Hunyadym et est reproduite sous la licence Creative Commons Paternité - partage à l'identique non transposé 3.0 (CC BY-SA 3.0).

mercredi 24 juin 2015

Que fêtons-nous aujourd'hui?

Dans tous les pays, la fête nationale commémore un événement. Les États-Uniens célèbrent la déclaration d'indépendance; les Français, la prise de la Bastille, symbole de l'arbitraire royal. Même les Canadiens célèbrent la naissance de leur fédération. Quant aux Basques d'Espagne, ils célèbrent un référendum ayant approuvé leur constitution interne, dite Statut de Gernika.

La Saint-Jean-Baptiste n'est rien de tout cela. C'était à l'origine, on s'en souviendra, la fête du saint patron du peuple canadien-français, de la race canadienne, comme on disait à l'époque. C'est donc une fête profondément ethnique, ce qui explique la réticence qu'ont certains membres de communautés dites culturelles à célébrer la Saint-Jean, fût-elle rebaptisée Fête nationale des Québécois.

Il faut dire que l'histoire des Québécois contient peu d'événements à célébrer. Les référendums du 20 mai 1980 et du 30 octobre 1995 n'ont rien réglé, et la déclaration d'indépendance (du Bas-Canada!) du 22 février 1838 n'était évidemment que de l'esbroufe sans conséquence.

Quelles pourraient être les date fondatrices de notre nation? En attendant une indépendance qui semble ne jamais venir, je n'en vois que deux: la fondation de Québec, le 3 juillet 1608 (mais les habitants de Québec pourraient être vexés qu'on s'approprie la fondation de leur ville) et la prise de possession du Canada au nom du roi de France par Jacques Cartier, le 24 juillet 1534, date qui pourrait vexer les Premières Nations et qui se trouve malencontreusement dans la période la moins mobilisable de l'année...

Une vraie fête nationale ne voudrait pas dire que l'on ne célébrerait plus la Saint-Jean. Les Suédois, par exemple, célèbrent leur fête nationale le 6 juin (date de l'indépendance de leur pays, en 1523) et aussi la Saint-Jean, appelée chez eux la mi-été et célébrée la dernière fin de semaine de juin.

Après tout, au final, la Saint-Jean, ce n'est que le pendant estival de Noël, c'est le solstice d'été, comme Noël est le solstice d'hiver. En quoi est-ce national ou québécois?


La photo est diffusée sous la licence Creative Commons Paternité - Partage à l'identique 2.5 (CC BY-SA 2.5) est est l'œuvre de Montrealais.

(CC BY-SA 2.5)

jeudi 18 juin 2015

L'expérience piétonne sur le chemin de la Côte-des-Neiges

Vue du chemin de la Côte-des-Neiges



Lettre publiée dans le journal Les Actualités de Côte-des-Neiges. Elle aurait été lue lors du conseil d'arrondissement.


Dans son numéro du 13 mai, le journal citait un document de réflexion dans lequel on aurait affirmé que l’expérience piétonne du chemin de la Côte-des- Neiges n’est pas intéressante, et annonçait que la solution à ce problème, selon le conseil d’arrondissement, était une réglementation de l’affichage commercial. Eh bien, si j’en crois le nombre de piétons que je peux voir tous les jours marcher le long du chemin de la Côte-des-Neiges, cette expérience n’est pas si mauvaise que ça. Néanmoins, si le conseil veut l’avis d’un habitant piéton du quartier, qui a fait autre chose que de le parcourir en voiture, eh bien, la voici.

Ce qui nuit à mon expérience piétonne, ce n’est pas l’affichage commercial. Au contraire, il donne de la vie, et, dans la vie, tout n’est pas formaté. Ce qui nuit, donc, c’est plutôt les lacs qui se forment à certains coins de rue à chaque averse ou dégel, et qui ne disparaissent que par évaporation; c’est la patinoire que devient trop souvent la pente de l’hôpital juif; ce sont les automobilistes qui tournent illégalement à gauche et qui n’ont donc pas le temps de regarder si un piéton est dans leur chemin; c’est aussi les feux rouges inutiles pour les piétons, comme au coin de la rue de la Peltrie et de l’avenue Carlton (au contraire de celui de la rue Swail).

Et si c’est l’affichage qui vous chicote, vous pourriez commencer par ramasser toutes les affiches orange qui traînent des chantiers passés. L’automne dernier, on a remis debout au coin de l’avenue Linton une vieille affiche qui annonçait des travaux en février, travaux qui ont eu lien en février... 2014 ou en 2013. Ce matin, l’affiche était encore là... 


La photo est l'œuvre de Colocho et est publiée sous la licence Creative Commons Paternité - Partage à l'identique - non transposé 3.0 (CC BY-SA 3.0).

mercredi 17 juin 2015

Pourquoi la Ligue nationale?



Symbole international du hockey

C'est bientôt le solstice d'été, le début conventionnel de l'été, et la saison de la Ligue nationale de hockey vient de prendre fin. Ce qui est étrange, mais passons outre le fait que ce sport d'hiver est maintenant devenu un sport trois-saisons.

Au Québec, on aime le hockey. Bien que cela ne date que de quelques décennies (dans les années 30 ou 40, on allait au Forum de Montréal davantage pour la boxe que pour le hockey, et d'autres sports, comme la raquette, ont longtemps été très populaires), le hockey domine maintenant tous les sports. Et c'est la Ligue nationale de hockey qui domine le hockey. Pas étonnant, alors, qu'une ville comme Québec tienne tant à récupérer une franchise de cette ligue.

Cette situation est à mon sens étrange, voire schizophrénique. Si le hockey est notre sport national (que cette nation soit le Québec ou le Canada), pourquoi devrait-on quêter à des États-Uniens le droit d'avoir une équipe professionnelle de hockey? Pourquoi pas une ligue nationale uniquement canadienne, voire québécoise (bien que les Québécois aient refusé à deux fois de se créer un pays)?

Serait-ce même possible? Bien sûr. Il faut se rappeler qu'à sa création, en 1917, la LNH comptait cinq équipes, toutes canadiennes: le Canadien de Montréal, les Wanderers de Montréal, les Sénateurs d'Ottawa, les Bulldogs de Québec et les Arenas de Toronto. La première équipe hors du Canada n'a été créée qu'en 1924, et c'étaient des Bruins de Boston. Ce fut selon moi une très mauvaise décision...

Quoi qu'il en soit, cela veut clairement dire que l'adjectif national, dans le nom de cette ligue, renvoie au Canada, pas aux États-Unis...


Le sigle de la Ligue suédoise de hockey
La Suède est un pays d'un peu moins de 10 millions d'habitants, un pays nordique, certes, mais où le sport le plus populaire est le... soccer. Comme à peu près partout au monde, d'ailleurs. Néanmoins, ce pays compte aussi une ligue professionnelle de hockey, regroupant 12 équipes. Évidemment, les joueurs ne gagnent peut-être pas des millions de dollars (ils ont tout de même un très bon salaire), mais cela ne prouve-t-il pas que le Canada, ou même le Québec, pourrait avoir sa propre ligue, avec une qualité de jeu et de joueurs comparables à la LNH d'aujourd'hui? Je crois que si.

En plus, on pourrait même tenter de créer une ligue féminine professionnelle de hockey, même avec seulement quatre ou cinq équipes... Ce serait une première au monde, non? On est pour l'égalité hommes-femmes ou non?


Toutes les images proviennent de Wiki Commons.

lundi 15 juin 2015

En vélo à Rosemont

Pavillon Maisonneuve,
hôpital Maisonneuve-Rosemont
Un vélo Verano de Lightfoot Cycles,
du même modèle que le mien
La semaine dernière, j'ai dû, pour des raisons familiales, me rendre plusieurs fois à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Me déplaçant le plus souvent en vélo, et eu égard à mon lieu de travail et au lieu de mon domicile, j'ai dû affronter une bonne portion du boulevard Rosemont.

Quelques commentaires, donc. Les vélos doivent rouler à droite. Or, cela n'est possible que si la droite de la chaussée est praticable. Essayez donc de rouler en vélo devant le 4000, boul. Rosemont, ou, toujours en direction Est, entre le boulevard Pie-IX et la 28e Avenue. Il faut rouler à plus d'un mètre du trottoir, et donc utiliser toute la voie de droite.

De même, mais en direction Est, la plaque de blocs de béton délimitant l'arrêt d'autobus devant le Collège Jean-Eudes est elle aussi un casse-gueule.

Néanmoins, somme toute, le boulevard Rosemont une voie de circulation tout à fait cyclable. En fait, je la trouve meilleure que, par exemple, la rue des Carrières, qui semble avec subi un bombardement récent, ou même la piste cyclable qui longe en partie cette même rue des Carrières. Une piste non pavée, sinon de quelques pavés ornementaux casse-cul, plein d'ornières et de pierre instable, et qui reste boueuse de 24 à 48 heures après une averse. Son extrémité Est est trompeuse, puisqu'elle laisse croire que la piste est pavée, alors que son extrémité Ouest donne sur la rue Beaubien, qu'il faut traverser, si l'on veut continuer plus avant, mais sans l'aide d'un passage-vélos, d'un arrêt obligatoire ou d'un feu de circulation.

Si l'on veut encourager le transport actif, il reste bien du chemin à parcourir!


La photo de l'hôpital est l'œuvre de Sarah Ismert, Marie-Laurence Maisonneuve, Jennifer Marcout (Wikipedia Takes Montreal) et est publiée sous la licence Creative Commons Parternité - Partage à l'identique - non transposé 3.0.
La photo du vélo provient du site de Lightfoot Cycles.

jeudi 4 juin 2015

Les funérailles nationales et la laïcité

L'église Saint-Germain, dans
l'arrondissement d'Outremont.
On apprend aujourd'hui que les funérailles nationales de M. Jacques Parizeau auraient lieu à l'église Saint-Germain-d'Outremont. Alors qu'on a passé des mois à discuter de la laïcité de l'État québécois, on tient encore des funérailles nationales dans une église catholique, avec un prêtre catholique comme célébrant. 

Ça va évidemment avec la conservation du crucifix du Salon bleu de l'Assemblée nationale...

Bien entendu, Jacques Parizeau était catholique. J'ignore s'il était pratiquant, et ce n'est pas de mes affaires. Mais ce n'est pas une raison pour confier à une Église une cérémonie décidée par l'État. Et puis, que se passera-t-il quand un premier ministre athée décèdera? Obligera-t-on tout le monde à encore se faire passer pour des catholiques pratiquants, comme avant les années 60?

On fait comment en France ou au Mexique? Sont-ce aussi des pays catho-laïques?


La photo a été prise sur le site du diocèse de Montréal.

mardi 2 juin 2015

Adieu, monsieur Parizeau

Monsieur Parizeau était sans doute le seul homme d'État du Québec; tous les autres aspirants à ce titre me paraissent uniquement être des politiciens. C'est le seul auquel j'aurais donné sans le moindre regret le poste de président du Québec. Il aurait porté notre pays avec grandeur et noblesse. Ce n'est pas pour rien qu'on le surnommait Monsieur.







La photo est l'œuvre de Bouchecl et est reproduite sous la licence Creative Commons Paternité - Partage à l'identique - non transposé 3.0 Générique 2.5, 2.0, 1.0 ( CC BY-SA-Unported 3.0, 2.5, 2.0, 1.0).