mercredi 18 novembre 2015

Laïcité et neutralité

On dit souvent que si la France semble si souvent la cible d'attaques de la part de terroristes islamistes, c'est parce que sa laïcité républicaine fait obstacle à l'intégration harmonieuse d'immigrants et de descendants d'immigrants pour qui la religion est au centre de l'identité. On a repris cet argument lors du débat sur la Charte des valeurs proposée il y a deux ou trois ans par le gouvernement du Québec, en disant que cela ne ferait que creuser le fossé entre les Québécois musulmans et les Québécois d'origine plus ancienne, souvent de tradition catholique mais le plus souvent non-pratiquants, voire athées, et que cela nuirait au lien social. Pour les anti-chartes, seule la neutralité de l'État devrait être exigée, mais pas une vraie laïcité, qu'ils qualifient de laïcité fermée.
On apprend ces jours-ci qu'une proportion importante des militants qui ont attaqué Charlie Hebdo en janvier et divers lieux publics de Paris la semaine dernière venaient non pas de France ou de Syrie, mais bien de... Belgique. Or, quelle est la situation religieuse de la Belgique? Contrairement à la France, la Belgique et un pays de tradition catholique, où le roi doit être de cette religion et où le cardinal vient au deuxième rang dans l'orde de préséance. Actuellement, l'État belge se qualifie plutôt de neutre, il reconnaît et subventionne un grand nombre de religions, dont l'islam, on voit un partout des hijab, notamment à Molenbeek, ville qui a fourni nombre de terroristes et de combattants pour Daech, et les fonctionnaires (sauf les soldats, les juges, les policiers et les pompiers) peuvent porter des éléments vestimentaires d'ordre religieux dans l'exercice de leurs fonctions. Tout à fait comme le proposait la commission Bouchard-Taylor et comme le désirent tant de zélateurs de la laïcité ouverte.
Et qu'est-ce que ça donne? La plus grande concentration de djihadistes en Europe, semble-t-il.

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