jeudi 19 novembre 2015

Pas de vélo dans le parc

On peut apercevoir ce panneau à l'entrée du parc Marie-Gérin-Lajoie, parc situé derrière les pyramides du Sanctuaire, à la frontière des arrondissements Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce et Outremont. Bien que cela parte sans aucun doute d'un bon sentiment — protéger la quiétude des usagers du parc, que l'on devine assez riches — une telle invitation constitue  en fait une véritable insulte envers les cyclistes.

Tout d'abord, si l'on invite les cyclistes à emprunter des pistes cyclables, c'est que l'on considère que le vélo est avant tout un sport d'agrément, qu'on peut bien pratiquer où l'on veut. Mais si vous googlez le nom de ce parc, vous vous apercevrez qu'il constitue un maillon manquant entre l'avenue Lajoie, à Outremont, avenue que l'on invite justement les cyclistes à emprunter, et l'avenue de Soissons (via quelques mètres le long d'un autre parc, un terrain de jeu, plutôt), à Côte-des-Neiges, qui conduit notamment à l'hôpital Sainte-Justine. Si des cyclistes traversent le parc, c'est pour éviter des voies passantes comme l'avenue Van Horne et le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, pas pour se balader dans un parc  en intimidant les passants.

Ensuite, si une cycliste voulait suivre l'invitation et se cherchait une piste cyclable parallèle au sentier qui traverse ce parc, où pourrait-elle aller? Un coup d'œil à une carte des pistes et voies cyclables de Montréal nous apprend rapidement que les plus proches sont les pistes du boulevard Gouin, au nord, et du boulevard de Maisonneuve, au centre-ville et accessoirement de l'autre côté du mont Royal. Dans les deux cas, il faut environ 30 minutes de vélo, souvent sur des routes dangereuses, pour s'y rendre (et autant pour en revenir). Le tout pour 200 m dans un parc. Ridicule.

Il y a bien entendu aussi la bande cyclable du boulevard Édouard-Montpetit, mais finalement, ce que la cycliste obéissante fera, c'est d'aller jouer dans le trafic, avenue Van Horne ou chemin de la Côte-Sainte-Catherine.

Ce qu'il faudrait, c'est plutôt de reconnaître que ce parc constitue un maillon essentiel des parcours cyclistes et piétonniers de ce coin de Montréal et d'essayer de mettre en place une forme de cohabitation, plutôt que d'interdire. Mais c'est tellement plus simple d'interdire.

Ah oui, j'oubliais. L'affiche du haut parle d'invitation, mais il s'agit plutôt d'une véritable interdiction. Pour preuve, cette autre affiche.



Les photos sont mon œuvre personnelle et sont publiées sous la licence CC BY-NC-SA 3.0.

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