lundi 10 août 2015

Un coin de rue impraticable




Depuis quelques semaines (et ce n'est pas fini), des travaux ont lieu sur une portion du chemin de la Côte-des-Neiges, entre le chemin Queen-Mary et le boulevard Édouard-Montpetit. Les trottoirs ont été refaits, et on travaille tranquillement les voies automobiles.

Je m'étais déjà plaint (dans ce billet) des flaques d'eau (et de glace, en hiver) qui s'accumulaient à certains coins de rue à la moindre averse. Depuis les travaux, on est face à un nouveau problème. L'image ci-contre montre le coin du chemin de la Côte-des-Neiges et de l'avenue Lacombe. Le nouveau trottoir est si bas que le niveau de la rue est à dix ou quinze centimètres plus haut. Il est impossible à une poussette ou à une chaise roulante de passer. D'ailleurs, depuis que la photo a été prise, des lignes orange ont été peintes sur la falaise et une clôture a été installée, comme si une clôture aidait à la circulation.


Le plus bizarre, c'est que la pluie ne s'accumule pas du tout à ce coin. J'ai pu le constater lors d'un orage, il y a deux semaines.

Affaire à suivre, donc.

Licence Creative Commons

mercredi 8 juillet 2015

Pour des autobus plus rapides: une réponse

Suite à la communication de la publication de ce billet à quelques élus, voici une réponse du vice-président du CA de la Société de transport de Montréal.





Je confirme la réception de votre courriel du 4 juillet dernier dans lequel vous soumettiez des propositions pour améliorer le service de transport en commun de la STM. 

Plusieurs des idées proposées dans l’article en pièce jointe ont déjà été signalées à la STM, notamment par Transport 2000 Québec.

Le Comité Service à la clientèle que je préside a en effet examiné plusieurs des propositions susceptibles d’accélérer le service des autobus de la STM. Ces mesures comprennent notamment la création de nouvelles lignes express (400), le prolongement de certaines lignes express (400) déjà existantes et le retrait de certains arrêts sur ces mêmes lignes express (400).

De plus, la STM poursuit ses efforts pour l’implantation de nouvelles voies réservées et de mesures préférentielles qui permettent aux autobus sur le réseau de bénéficier de priorité aux intersections achalandées.

À la STM, nous sommes convaincus que l’avènement de nouvelles technologies telles qu’iBUS, un système intelligent qui permettra de localiser l’ensemble des autobus en temps réel et transmettra de l’information sur l’état du service, rendra l’ensemble du réseau plus efficace et rapide.

Par ailleurs, nous avons également considéré d’autres options pour les systèmes de paiement tel que permettre l’entrée des passagers par la porte arrière. Aucune décision n’a été prise pour l’instant à ce sujet, nous devons avant tout évaluer les coûts.

Je vous remercie de votre intérêt pour la STM et soyez assuré que je vais partager votre courriel avec les membres du comité.

Veuillez accepter mes meilleures salutations.

Marvin Rotrand
Conseiller de Snowdon
Vice-président du conseil d’administration de la STM


Toujours tout cet effort sur les lignes exprès, alors que ce sont les lignes régulières qui constituent le cœur du réseau.
Par ailleurs, on pourrait tout à fait imaginer un système par lequel les feux de circulation donneraient automatiquement la priorité aux autobus, mais également aux pompiers, aux ambulanciers et aux policiers. Enfin, on ne serait plus agressé par des sirènes stridentes.

Le logo de la STM est une marque déposée.

jeudi 2 juillet 2015

Ouvert en tout temps?



Photo prise dans un hôpital montréalais (que je ne nommerai pas). Ce café est censé être ouvert en tout temps (Ouvert 7 jours, 24 h/24, dit l'affiche), mais était toujours fermé. Est-ce une bon indicateur de l'état dé notre système de santé public?


La photo est mon œuvre et peut être reproduite en vertu de la licence  CC BY-NC-SA 3.0.


mercredi 1 juillet 2015

Le Canada et Montréal: une question d'âges



Dans deux ans, on célébrera le 150e anniversaire du Canada. La même année, ce sera le 375e anniversaire de Montréal. Mais parle-t-on bien ici des mêmes anniversaires?

On démarre dans ce cas l'histoire du Canada à la confédération, et non pas à la découverte du pays par Jacques Cartier, en 1534, ou à la fondation de Québec, en 1608. Or, en quoi la confédération a-t-elle constitué? Ne s'agissait-il pas de la création d'une nouvelle entité politique, incluant l'ancien Canada et d'autres territoires, soit le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, et de l'institution d'un régime de type fédéral?

Or, Montréal a subi une transformation tout à fait équivalente, en 2001. On a créé un nouveau Montréal, plus grand, et on a instauré pour la nouvelle ville un système politique de type fédéral, avec arrondissements et ville-centre.
Donc, si le Canada a 150 ans en 2017, Montréal a alors 16 ans; et si Montréal à 375 ans, alors, le Canada aurait au moins 409 ans. C'est l'un ou c'est l'autre.

Après tout, comment Montréal pourrait-elle être plus vieille que le Canada?

La photo du drapeau canadien l'œuvre de Wladylslaw et est reproduite sous la licence CC BY-SA 3.0; celle du drapeau de Montréal est l'œuvre d'abdallahh et est reproduite sous la licence CC BY 2.0.







dimanche 28 juin 2015

Pour des autobus plus rapides

À Montréal, les autobus sont lents. Et pas seulement à cause de la circulation automobile ou d'arrêts mal positionnés (pourquoi deux arrêts à l'avenue du Parc pour la ligne 51?), mais tout d'abord à cause d'un mode de perception archaïque. L'idée voulant que chaque passager paie en entrant (le sytème PAYE: pay as you enter) était sans doute révolutionnaire lorsqu'elle a été émise, en 1905, puisqu'elle remplaçait le système en vigueur originellement dans les trains et transposée aux tramways, c'est-à-dire qu'un percepteur allait de passager en passager, provoquant souvent des querelles quand un passager affirmait avoir déjà donné ses cinq sous, mais, dès la fin du XXe siècle, elle ne servait plus qu'à ralentir le service. D'autant plus qu'avec les nouveaux bus, on doit descendre un à la fois par la porte centrale (abusivement qualifiée de porte arrière), au lieu de deux, comme c'était le cas dans les modèles plus anciens.

Dans la plupart des pays du monde, les passagers ayant un titre de transport valable pour une durée donnée (le plus souvent un titre mensuel, mais les touristes auront souvent des titres valables pour un ou trois jours) n'ont rien à faire en montant dans l'autobus, sinon chercher à s'asseoir. De temps à autre, des inspecteurs montent dans le véhicule et demandent à chacun de montrer son titre, sans qu'il soit besoin d'immobiliser l'autobus, comme je l'ai vécu à Montréal. Les personnes ayant des billets ou payant avec de l'argent, une minorité, doivent simplement obtenir un titre valide ou bien faire composter le billet à un appareil, selon le niveau de technologie.

Autobus budapestois fonctionnant
au gaz, pour de l'air plus propre.
À Budapest, capitale de la Hongrie, c'est comme cela que ça fonctionne. Le chauffeur est dans une cabine et ne communique pas avec les passagers. Les inspecteurs viennent en groupe de deux, de manière à imposer plus facilement leur autorité. Un autobus de taille standard compte trois portes, chacune pouvant permettre le passage de deux personnes à la fois, d'abord en sortant, ensuite en entrant. Six à la fois, et non pas un à la fois, chaque passager devant attendre que la machine daigne lire sa carte OPUS.
La porte arrière (vraiment en arrière, dans ce cas), est conçue de manière à accueillir avec facilité les passagers transportant des paquets importants, comme des valises. Si je me souviens bien, c'est la seule qui ne compte pas une rampe au centre, mais plutôt sur le côté.

À quand ce système de perception, même pas si moderne que cela, à Montréal?


Suite dans ce billet.

La première photo est l'œuvre de Kemenymate et est reproduite sous la licence Creative Commons Paternité - partage à l'identique International 4.0 (CC BY-SA 4.0); la seconde est l'œuvre de Hunyadym et est reproduite sous la licence Creative Commons Paternité - partage à l'identique non transposé 3.0 (CC BY-SA 3.0).

mercredi 24 juin 2015

Que fêtons-nous aujourd'hui?

Dans tous les pays, la fête nationale commémore un événement. Les États-Uniens célèbrent la déclaration d'indépendance; les Français, la prise de la Bastille, symbole de l'arbitraire royal. Même les Canadiens célèbrent la naissance de leur fédération. Quant aux Basques d'Espagne, ils célèbrent un référendum ayant approuvé leur constitution interne, dite Statut de Gernika.

La Saint-Jean-Baptiste n'est rien de tout cela. C'était à l'origine, on s'en souviendra, la fête du saint patron du peuple canadien-français, de la race canadienne, comme on disait à l'époque. C'est donc une fête profondément ethnique, ce qui explique la réticence qu'ont certains membres de communautés dites culturelles à célébrer la Saint-Jean, fût-elle rebaptisée Fête nationale des Québécois.

Il faut dire que l'histoire des Québécois contient peu d'événements à célébrer. Les référendums du 20 mai 1980 et du 30 octobre 1995 n'ont rien réglé, et la déclaration d'indépendance (du Bas-Canada!) du 28 février 1838 n'était évidemment que de l'esbroufe sans conséquence.

Quelles pourraient être les date fondatrices de notre nation? En attendant une indépendance qui semble ne jamais venir, je n'en vois que deux: la fondation de Québec, le 3 juillet 1608 (mais les habitants de Québec pourraient être vexés qu'on s'approprie la fondation de leur ville) et la prise de possession du Canada au nom du roi de France par Jacques Cartier, le 24 juillet 1534, date qui pourrait vexer les Premières Nations et qui se trouve malencontreusement dans la période la moins mobilisable de l'année...

Une vraie fête nationale ne voudrait pas dire que l'on ne célébrerait plus la Saint-Jean. Les Suédois, par exemple, célèbrent leur fête nationale le 6 juin (date de l'indépendance de leur pays, en 1523) et aussi la Saint-Jean, appelée chez eux la mi-été (midsommar) et célébrée la dernière fin de semaine de juin.

Après tout, au final, la Saint-Jean, ce n'est que le pendant estival de Noël, c'est le solstice d'été, comme Noël est le solstice d'hiver. En quoi est-ce national ou québécois?


La photo est diffusée sous la licence Creative Commons Paternité - Partage à l'identique 2.5 (CC BY-SA 2.5) est est l'œuvre de Montrealais.

(CC BY-SA 2.5)

jeudi 18 juin 2015

L'expérience piétonne sur le chemin de la Côte-des-Neiges

Vue du chemin de la Côte-des-Neiges



Lettre publiée dans le journal Les Actualités de Côte-des-Neiges. Elle aurait été lue lors du conseil d'arrondissement.


Dans son numéro du 13 mai, le journal citait un document de réflexion dans lequel on aurait affirmé que l’expérience piétonne du chemin de la Côte-des- Neiges n’est pas intéressante, et annonçait que la solution à ce problème, selon le conseil d’arrondissement, était une réglementation de l’affichage commercial. Eh bien, si j’en crois le nombre de piétons que je peux voir tous les jours marcher le long du chemin de la Côte-des-Neiges, cette expérience n’est pas si mauvaise que ça. Néanmoins, si le conseil veut l’avis d’un habitant piéton du quartier, qui a fait autre chose que de le parcourir en voiture, eh bien, la voici.

Ce qui nuit à mon expérience piétonne, ce n’est pas l’affichage commercial. Au contraire, il donne de la vie, et, dans la vie, tout n’est pas formaté. Ce qui nuit, donc, c’est plutôt les lacs qui se forment à certains coins de rue à chaque averse ou dégel, et qui ne disparaissent que par évaporation; c’est la patinoire que devient trop souvent la pente de l’hôpital juif; ce sont les automobilistes qui tournent illégalement à gauche et qui n’ont donc pas le temps de regarder si un piéton est dans leur chemin; c’est aussi les feux rouges inutiles pour les piétons, comme au coin de la rue de la Peltrie et de l’avenue Carlton (au contraire de celui de la rue Swail).

Et si c’est l’affichage qui vous chicote, vous pourriez commencer par ramasser toutes les affiches orange qui traînent des chantiers passés. L’automne dernier, on a remis debout au coin de l’avenue Linton une vieille affiche qui annonçait des travaux en février, travaux qui ont eu lien en février... 2014 ou en 2013. Ce matin, l’affiche était encore là... 


La photo est l'œuvre de Colocho et est publiée sous la licence Creative Commons Paternité - Partage à l'identique - non transposé 3.0 (CC BY-SA 3.0).